Retour sur mon année en Moldavie, seul face à la vie

Je n’ai jamais apprécié les idées reçues sur la réussite professionnelle. Selon les « normes » fixées par la société, il faut suivre un cursus scolaire standard qui conduit au baccalauréat. A partir de là, les études diplomantes et certifiantes sont obligatoires sinon il sera impossible de trouver un bon travail. Je fustige de telles idées car j’ai moi-même fait l’expérience de la réussite sans diplôme en poche. J’en ai d’ailleurs parlé dans un article précédent. J’ai toujours eu un sens aigu de l’entreprenariat et de l’engagement. C’est de là qu’est né le rêve d’explorer des horizons étrangers.

Comment j’ai entamé une nouvelle vie

Je l’ai dit, j’avais simplement envie de quitter mon pays pour quelques temps. J’avais besoin de me ressourcer et de prendre un nouveau départ. Je n’avais aucun projet précis, je n’avais aucune destination en tête. Je savais juste que je voulais trouver une activité qui me permettrait de m’épanouir à tous points de vue.

J’ai d’abord envisagé de m’envoler vers l’Ukraine où j’ai pris activement part à un échange entre jeunes à l’âge de 16 ans. Toutefois, la guerre faisait rage dans cet Etat de l’Europe de l’Est. J’avais prévu de m’engager dans une mission de solidarité mais celui-ci s’est trouvé bloqué donc il m’a fallu échafauder un autre plan. C’est par hasard que j’ai eu vent d’un projet humanitaire en Moldavie. Je ne savais rien de ce pays mais les objectifs de l’association Vent d’Est m’ont immédiatement plu. La mission principale visait à optimiser la situation financière des communautés moldaves. C’était un défi à relever mais malgré mon jeune âge, je savais que je serais à la hauteur.

Chisinau

Une aventure qui m’a profondément marqué

Alors que les adolescents de mon âge se préparaient à passer leur bac, j’étais confronté à des situations difficiles en Moldavie. J’étais livré à moi-même, d’une certaine manière. Mais je voulais prouver que l’autodidaxie est un excellent moyen de réussir.

Je n’avais aucun diplôme en informatique et pourtant, j’ai créé un site internet et un site internet dédié au tourisme. Ce sont les principaux éléments ayant contribué à l’essor de l’association. Toujours sans aucune connaissance transmise par des professeurs, j’ai lancé une campagne de collecte de fonds. L’argent récolté servirait à offrir des chaussures qui permettraient aux enfants d’affronter le rude hiver de l’Europe de l’Est. J’ai déployé le savoir que j’ai acquis par moi-même en vue de créer une plateforme de paiement en ligne. L’association m’a également confié la gestion de ses réseaux sociaux. Ça a été une expérience marquante. D’une part, je réalisais combien les actes de solidarité sont essentiels aux personnes en situation financière précaire. D’autre part, je devais me surpasser chaque jour pour prouver que j’ai les compétences nécessaires pour réaliser les tâches m’étant confiées.

Photos opération Vent d'est

Ce séjour moldave m’a donné l’opportunité de patauger dans l’univers 3D. Une fois de plus, je vous confirme que les diplômes ne sont pas les uniques gages d’aptitude à réaliser quelque chose de bien. La preuve c’est que j’ai pu concevoir des animations et réaliser des vidéos dont je suis extrêmement fier. Mais je ne me suis pas arrêté là en ce qui concerne la communication. Fort de la conviction que mon autodidaxie serait précieuse à cette mission de solidarité en Europe de l’Est, j’ai entrepris de créer des supports print à l’instar de banderoles et d’affiches.

Les leçons que j’ai apprises du SVE

Le Service Volontaire Européen m’a largement aidé dans mon insertion socioprofessionnelle. La possibilité d’arpenter l’Europe de l’Est m’a permis de m’ouvrir au monde, de trouver mes repères et de comprendre ce que je pouvais apporter aux autres.

La société à laquelle j’appartenais m’a rejeté car j’étais « hors-normes ». Je n’étais pas un adolescent docile qui acceptait ce qu’on lui imposait en silence. Certain d’avoir un fort potentiel, j’ai pris la décision de voler de mes propres ailes puisque le système éducatif de l’époque n’était pas en mesure de m’offrir son soutien. Je ne regrette aucunement ce choix car il m’a donné l’opportunité de repousser mes propres limites et d’apprendre ce que les professeurs n’enseignent pas en classe : les leçons de vie.

Grâce au SVE, j’ai fait l’expérience d’une intégration au sein d’une seconde famille. Les responsables de l’association m’ont pris sous leurs ailes comme auraient dû le faire mes éducateurs. Ils m’ont appris à avancer, à croire en moi et à toujours aller de l’avant. Autant avouer que la réussite de cette expérience en Moldavie leur est due, en grande partie.

A mon retour de mission, j’étais plus mature. J’ai acquis le sens des responsabilités. J’ai appris à me débrouiller par mes propres moyens dans un milieu qui ne m’est absolument pas familier. Mieux encore, j’ai décroché un contrat en CDI. Ma patronne actuelle a apprécié ce que j’ai réalisé durant la mission en Moldavie. Comme elle m’a offert un poste en télétravail, je peux continuer à voyager pour découvrir le monde.

Une association qui m’a énormément apporté

Vent d’Est ne cherche pas à asservir les personnes et communautés qu’elle aide. Son objectif est de les accompagner vers une totale indépendance, construisant, entre autres, une éco-pension qui permette aux moldaves de gagner leur vie par leurs propres moyens.


Avec le Service Volontaire Européen, les jeunes de 17 à 30 ans peuvent s’engager dans des projets de 2 à 12 mois. Les participants font leur propre expérience de la vie, au-delà des préjugés et dans un esprit constant de solidarité. Ce que l’on apprend de chaque mission permet de s’adapter à différentes situations et de s’intégrer plus facilement dans l’univers professionnel. Je considère le SVE comme une école car il m’a inculqué des compétences et des connaissances que l’on ne trouve ni dans les livres ni sur internet. Seul face au monde parfois injuste, j’ai appris à faire la part des choses et à développer une objectivité dont je suis fier aujourd’hui.

Vous avez envie de partir dans des pays étrangers ? Je vous conseille de vous baser sur les caractéristiques d’un projet que de vous laisser influencer par les préjugés dressés sur une destination. N’oubliez pas de bien vous informer sur l’association que vous voulez intégrer. Si moi j’ai réussi, pourquoi pas vous ?

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